ENSEIGNER LES FINANCES PERSONNELLES À SES ENFANTS

 Dans Épargne

 apprentissage actif

 

Pour enseigner les finances personnelles, il est préférable de les connaître. Et pour les connaître, c’est une bonne idée de les enseigner. J’ai été dans l’enseignement 34 ans et j’ai enseigné plusieurs matières. Je dois vous dire que j’étais toujours meilleur à la fin.

Pourquoi? Même avec une bonne formation de base, même avec un programme bien élaboré, même avec de bons outils, on s’aperçoit rapidement qu’on connaît moins bien sa matière que ce qu’on pensait. Il suffit d’une question pour se rendre compte que des aspects nous échappent. Alors, il faut chercher. Chercher la réponse, le bon outil, la bonne façon de présenter la chose.

Ce ne sera pas différent avec vos enfants. Vous avez la responsabilité de les éduquer et l’éducation aux finances personnelles en fait partie. Vous n’avez pas toutes les compétences? Ce n’est pas grave. Vos compétences sont même extrêmement limitées? Ce n’est pas grave. Quand vous avez appris à marcher, vous ne saviez pas. Vous avez procédé un pas à la fois et, aujourd’hui, à moins de problème physique, vous marchez sans vous poser de questions, même si vous n’avez pas la technique de marche olympique. Vous courez peut-être, même. Alors, allez-y.

Vous devez pouvoir en parler normalement, comme de la météo, du dernier match du Canadien, de la dernière émission à la mode ou de comment ça a été à l’école. Si vous êtes deux parents ensemble, cela peut vous sembler bizarre, gênant, même. Les deux-tiers des couples seraient gênés de parler d’argent entre eux. Il vous faudrait apprendre vu que les finances sont une cause majeure de séparation. Si ça devient plus facile d’en parler dans le couple (une rencontre formelle à intervalle régulier, par exemple), ça deviendra plus facile d’en parler aux enfants, de façon formelle ou informelle.

Vous pouvez aussi vous inspirer du matériel présenté dans le cadre d’un concours proposé aux enseignants  https://tesaffaires.com/fr/enseignants/concours-on-parle-argent-dans-ma-classe. Vous en avez pour vos jeunes du primaire, du secondaire et du collégial aussi.

Si vos enfants regardent les nouvelles, lisent les journaux ou s’informent autrement, ils auront peut-être des questions sur les finances, du gouvernement par exemple, sur les soubresauts de la bourse, sur les malheurs des sinistrés non assurés, etc. Tout devient prétexte à aborder les finances, mais il ne faut pas provoquer d’indigestion ni les rendre allergiques, ce qui risquerait d’éteindre leur intérêt.

Dans un billet de l’an passé, j’abordais le sujet http://lebloguefinancier.com/leducationde-vos-enfants-a-lepargne/. Les enfants ne sont pas sortis d’un moule unique. Les initier très tôt peut être une bonne idée. Si vous le voulez, achetez une tire-lire bien physique (on verra le virtuel bien plus tard). Donnez-leur des sous et faites-les leur déposer dans cette tire-lire. Je suggérerais de ne pas poser de limites à ce moment parce que l’utilisation qu’ils en feront (vérifiez le niveau de temps à autre) sera l’occasion d’une discussion, d’une prise de conscience. Rien ne vous empêche, de temps à autre de demander à votre enfant de financer une partie d’un achat demandé par lui ou elle.

L’étape suivant est l’ouverture d’un compte bancaire. Vous pouvez requérir deux signatures, la sienne et la vôtre, pour tout retrait. Vous pourrez ensuite lui laisser plein contrôle, mais avec rapport financier régulier. Si vous-même ne craignez pas de discuter de votre situation financière, de votre budget, de vos avoirs et de vos dettes, cela semblera plus naturel.

De même pour les cartes de crédit. J’ai vu suggérer que vous lui en confiez une qui serait comme une sous-carte de la vôtre, mais avec une limite plus basse. Et il doit s’engager à vous rembourser sur réception du relevé afin de prendre une bonne habitude qui va lui éviter des intérêts exorbitants.

Vous pourriez aussi le cautionner pour un prêt personnel ou une marge de crédit à son institution financière. Il découvrira ainsi des moyens moins coûteux d’emprunter.

https://www.conseiller.ca/nouvelles/economie/les-enfants-songent-a-investir-des-lage-de-15-ans/?utm_content=conseiller&oft_id=43238064&oft_k=QBFxeWmz&oft_lk=UAYkSK&oft_d=636759758385100000&fpid=53043&ctx=newsletter. Selon ce sondage, les enfants songent aussi à investir plus tôt. Là, ça devient plus délicat, mais c’est excellent. Si vous vous sentez dépassé-e ou pas, vous pourriez en parler à votre conseiller-ère et organiser une rencontre. Ici, je vais me permettre une remarque que j’ai déjà faite et qui m’a été rappelée par un représentant de banque venu me rencontrer mercredi matin : un nouveau dois-je dire, vu que la situation prévaut aussi à ce niveau. Donc vous devriez lui présenter un-e conseiller-ère indépendant-e. Son seul but est de bien servir sa clientèle (ce qui lui vaudra des recommandations si vous êtes satisfait-e de son travail). Il sera là à long terme. Ce n’est pas le cas des conseillers-ères dans vos institutions financières. Ils-elles sont dans un système de promotions : ils-elles apprennent et, quand on croit qu’ils-elles savent, ils-elles sont promus-es. Si votre conseiller-ère est en place depuis quelques années, c’est généralement parce qu’on croit qu’il-elle ne sait pas. De plus, il-elle ne vous propose que ce qui provient de son institution, des produits-maison.

Alors, allez-y. Si vous avez besoin d’informations, de conseils ou même d’une présence, demandez. Ça pourrait être en personne ou par Skype. Contactez-moi.

 

Billets recommandés

Laissez un commentaire