ÉPARGNE, DETTES ET RETRAITE

 Dans Assurances, Consommation, Épargne, Placements, Régimes enregistrés

dette

Quand j’enseignais l’éducation économique et que nous arrivions dans cette portion de la matière, j’essayais de faire prendre conscience aux élèves de  tout ce qu’ils connaissaient pour, ensuite, en arriver aux concepts. D’abord, les étapes de la vie et l’argent.

  1. Quand je suis jeune, je dépends de mes parents qui dépensent pour satisfaire mes besoins (et parfois plus; les parents ont un pouvoir d’éducation économique dès ce moment et l’exercent, consciemment ou non, positivement ou négativement).
  2. À la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, j’acquiers des compétences qui me permettront de générer des revenus. Il se peut que je doive emprunter. Cela pourrait être qualifié de bonne dette puisque c’est un investissement dans ma capacité à gagner plus d’argent. Mais si j’en profite pour m’acheter une auto (ou la louer, ce qui y ressemble) ou faire un voyage (même si ceux-ci sont censés former la jeunesse), c’est, probablement, de la mauvaise dette.
  3. Quand je commence ma vie de travail, selon mes revenus et mon style de vie, je m’endetterai, j’arriverai juste ou j’épargnerai (ou je rembourserai mes dettes, si j’en ai, ce qui revient au même ou pas, selon les taux respectifs). On oublie beaucoup le style de vie qui augmente ou diminue les dépenses. Par exemple, cette semaine, j’ai entendu à satiété la publicité de Nicorette qui nous dit que quelqu’un qui veut arrêter de fumer a neuf fois plus de chance d’y arriver s’il passe au travers de la première semaine. Ça m’a ramené une trentaine d’années en arrière. En ce temps-là, comme disait quelqu’un, je fumais en moyenne 15 cigarettes par jour, ni gros ni petit fumeur. J’ai lu qu’en 2014 le prix d’une cartouche était, en moyenne, de 81$. Ma consommation de l’époque représenterait donc plus de 2 200$ par an. En plus des effets sur ma santé, selon que je fume ou pas, il y aura cette somme que je ne pourrai dépenser en consommation ou pas, épargner (ou me désendetter) ou pas, investir ou pas.
  4. Autrefois, très rapidement, venait le mariage et les enfants pour la plupart. Maintenant, les choix sont plus divers. Le couple est optionnel, la vie commune aussi ainsi que les enfants. Et parfois, le couple se défait. Si le niveau de revenu ne varie pas ou peu, le niveau de dépenses lui fluctue selon la situation vécue. Mais le niveau de revenu varie beaucoup pour plusieurs. Les contrats temporaires, le travail à temps partiel, les fermetures ou déménagement d’entreprises y contribuent beaucoup. La mondialisation a aussi beaucoup contribué à l’abaissement du niveau de la rémunération quand ce n’est pas carrément des baisses de salaire, des diminutions des avantages sociaux dont les régimes de pension (le gouvernement va dans le même sens). Cette semaine, j’ai justement rencontré une cliente, frappée dans ces changements. Divorce suivi d’une perte d’emploi quand l’entreprise de l’ex-conjoint a été vendue. Enchaînement d’emplois et de pertes d’emploi. Avec l’Assurance Emploi (qui vous aide si vous avez un emploi, contrairement à l’Assurance Chômage qui aidait ceux qui perdaient leur emploi), obligation de prendre tout emploi à moins de 100 km. Dans ce cas-ci, la travailleuse demeurait sur la Rive-Sud et a dû prendre un emploi sur la Rive-Nord : 2 ponts à traverser matin et soir. L’épuisement s’en suivit et elle dut quitter son emploi. Résultat, la marge de crédit et la carte de crédit ont écopé. Elle a conservé son REÉR, mais ses dettes ont grimpé au point où sa valeur nette est très faible.
  5. Si on sort de cette période où il faut payer pour les enfants sans trop de dommage, on peut commencer à planifier (ou continuer) pour préparer la retraite. Selon une étude de McKinsey, nous sommes plus ou moins prêts http://www.mckinsey.com/search.aspx?q=Canada+batir+sur+des+acquis+solides. Nous y reviendrons.
  6. Puis arrive la retraite qui se passera plus ou moins bien.

Pour connaître votre style de vie, un bon moyen est de comparer votre budget au budget moyen des ménages québécois en dollars http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/famil130f-fra.htm et en pourcentages http://qe.cirano.qc.ca/tab/depenses_menages/depenses_totales_moyennes_des_menages_2009. Prenez-le comme un indicateur, pour voir si vous dépensez plus ou moins que la moyenne (en 2013) dans chaque secteur. Pour établir votre budget, j’ai une bonne feuille de calcul. Contactez-moi. Une fois les données entrées et les comparaisons faites, demandez-vous si vous pourriez améliorer des secteurs afin de bonifier votre retraite. Car ce que constataient mes élèves, c’est que

  • « l’épargne, c’est de la consommation reportée plus loin dans le temps» et que
  • « l’endettement, c’est la consommation immédiate d’un revenu qui n’est pas encore gagné » et que vous devrez rembourser plus tard en vous privant de consommer à ce moment-là.

Pour régler votre endettement, consultez mon billet http://lebloguefinancier.com/endettement-regler-en-5-etapes/.

Que nous dit l’étude de McKinsey? Que nous sommes un peu mieux préparés, après quelques bonnes années qu’au sortir de la crise, sans surprise. Ceux dont les revenus sont plus élevés  sont moins à risque, comme nous nous y attendions. Ceux qui ont un régime collectif au travail sont moins en péril que les autres et, en ordre descendant, ceux qui ont un régime à prestations déterminées (RPD), un régime à cotisation déterminée (RCD), un RPDB et un REÉR ou CÉLI collectif. Et plus les cotisations sont élevées, mieux c’est. Les autres doivent compter sur le REÉR, puis le FERR, et le CÉLI et les épargnes et placements non enregistrés. Le RVER qui s’en vient, plus qu’il n’est déployé, risque de ne pas jouer un rôle important puisque

  • la cotisation est volontaire,
  • le taux est déterminé par le cotisant et
  • les retraits ne sont pas encadrés.

Ce que McKinsey ne dit pas, c’est que vous êtes généralement moins préoccupés par vos finances en été et encore moins si vous êtes plus jeunes.

Les principaux risques qui menacent votre retraite seraient

  1. l’inflation, actuellement faible, mais qui a déjà atteint les 12%.
  2. Les soins de santé, soit les soins eux-mêmes, de moins en moins couverts par vos impôts, et l’hébergement et les soins associés, surtout si vous n’avez pas d’assurance de soins de longue durée (ASLD).
  3. Les retraits imprévus pour couvrir 1- et 2- mais aussi pour des choses liées à votre style de vie, par exemple, les voyages, les croisières, etc..
  4. Votre longévité pourrait vous jouer un vilain tour. Les estimations varient, mais j’ai entendu parler d’une augmentation de l’espérance de vie de 25 ans au siècle dernier. J’ai même vu une estimation d’augmentation de 3 ans par décennie. Et c’est sans compter sur la recherche (les pharmaceutiques ont intérêt à prolonger votre existence, à défaut de restaurer votre santé), en particulier sur les télomères. Aurez-vous les fonds nécessaires?
  5. Votre répartition d’actif suffira-t-elle à produire les revenus nécessaires ou à quelle vitesse devrez-vous faire des retraits pour compenser la faiblesse de vos revenus? La vieille règle qui disait que le pourcentage d’obligations de votre portefeuille devait être égal à votre âge ne tient plus. Ça avait du sens quand les rendements des obligations étaient légèrement inférieurs à ceux des actions de façon générale. Actuellement, on conseille de souspondérer les obligations et de surpondérer les actions.

Si vous avez besoin de support technique ou psychologique pour y arriver, contactez-moi.

 

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