FONDS D’OBLIGATIONS

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Vous avez beaucoup d’argent dans vos comptes d’épargne? Ou vous pensez que la bourse peut se remettre à reculer? Vous voulez vous protéger? Un bon fonds d’obligations est peut-être indiqué.

Évidemment, on va commencer par regarder l’ensemble de votre situation, entre autres, votre profil de risque.

CONSERVATEUR OU TRÈS CONSERVATEUR

Si vous avez 100% de votre épargne (et de vos placements inexistants) dans des comptes d’épargne, à moins que cela ne corresponde à un coussin de sécurité raisonnable, vous êtes très probablement très conservateur. L’autre option, c’est que vous ne connaissez pas assez le monde du placement (littératie financière) et que vous ne savez pas quoi faire d’autre. Si c’est le cas, vous avez besoin d’un bon conseiller.

Si vous avez moins de 25% de vos épargnes-placements en actions, on pourrait probablement vous qualifier de conservateur. Et ce n’est pas illégal ni immoral et c’est peut-être exactement ce qu’il vous faut comme dosage. Mais peut-être pas car ce n’est pas sans conséquence (comme n’importe quelle répartition d’actif).

Les conséquences, dans ces deux cas, sont que les revenus que génèrent votre épargne seront peut-être insuffisants pour répondre à vos besoins, dans le temps. Une autre conséquence qui aggrave la première, c’est que les revenus générés par les comptes d’épargne, les CPG et les obligations, par exemple sont généralement des intérêts et qu’ils sont pleinement imposables sauf dans les comptes enregistrés (REÉÉ, REÉR, FERR, CÉLI). Au contraire, les actions produisent généralement des gains en capital (et des pertes, parfois) et des dividendes qui sont partiellement imposables, vous en laissant plus dans vos poches ou en vue de votre retraite, par exemple.

ÉQUILIBRÉ

Équilibré, en termes de placements, c’est une expression qui dit que vous avez des actions et des obligations dans des proportions qui ne sont pas nécessairement les mêmes pour tout le monde. Si on regarde le conservateur, on disait moins de 25% d’actions. L’équilibré part donc de ce niveau et peut aller jusqu’à l’inverse, 25% d’obligations. D’ailleurs les fonds communs équilibrés présentent toutes sortes de répartitions. Par exemple, le fonds de répartition mondiale d’actif Dynamique compte environ 64% d’actions, alors que le Manuvie équilibré à rendement stratégique n’en a que 31%.

Cette semaine, nous avons finalisé la mise à jour du dossier d’une cliente dont le profil équilibré idéal devrait requérir 60% d’actions contre 40% de revenu fixe. Compte tenu du contexte, possibilité de deuxième vague et retour de la récession, nous avons décidé de jouer plus prudemment. Nous sommes allés, temporairement, 50%-50%, un écart de 10%, ce que notre département de conformité accepte. Cependant, dans nos échanges, je constate qu’un CÉLI, chez son institution financière, dort dans un compte d’épargne. Ce CÉLI représente 29% de l’ensemble de ses épargnes-placements. Investigation :

  1. Avez-vous des projets de cette envergure? Non.
  2. Compte tenu que vous et votre conjoint êtes retraités du secteur public et avez donc des revenus réguliers, avez-vous besoin de tout cet argent dans un avenir proche? Non.
  3. Êtes-vous intéressée à l’investir à faible risque avec un rendement plus élevé? Oui.

Vous savez quoi? Son conjoint qui assistait à notre rencontre était dans le même cas et a décidé de faire de même.

Il y a 2 semaines, chez une cliente et son conjoint, client aussi, ils me sortent qu’ils ont des FERR auprès d’une compagnie d’assurance. Tous deux sont aussi retraités du secteur public et n’ont pas de retraits à faire de leurs FERR, sauf ceux prévus statutairement, qu’ils replacent, d’ailleurs dans un CÉLI. Les deux montant qui totalisent près de 25000$ sont dans des fonds du marché monétaire, dont le rendement est nul ou presque. Avec une inflation de 2%, c’est leur pouvoir d’achat qui diminue de 2%/an. Voir ce texte.

CROISSANCE ET CROISSANCE AGRESSIVE

Le dernier étant à 100% en actions, n’est pas concerné. Le type croissance conserve donc tout de même 20% de revenu fixe. Cette portion sert à offrir un revenu, mais, généralement, à long terme, ce revenu est inférieur à celui des actions. Il sert aussi à assurer une diversification du portefeuille, ce qui en diminue le risque.

Je vous présente une notion liée aux actions : la prime de risque. C’est une notion similaire à ce que vous en avez connu cette année: les travailleurs de la santé oeuvrant dans les milieux de soins de la Covid 19 ont eu droit à un supplément salarial, à une prime de risque.

Prime de risque = revenus – taux de rendement sans risque

En gros, il s’agit du rendement qu’on espère d’une action moins le taux de rendement sans risque. Ce dernier est généralement reconnu comme le taux des obligations gouvernementales de 10 ans. Actuellement, ce taux, ici comme aux États-Unis, est autour de 0,6%. Pour le taux de rendement espéré, certains disent « versé », soit, de façon stricte, les dividendes. Pour d’autres, il s’agit, en plus des dividendes, du gain en capital, soit l’augmentation de la valeur de l’action. Par exemple, Power Corporation se débarrassait des entreprises qui ne lui rapportaient pas 15%/an; si le taux sans risque à l’époque était de 5%, la prime de risque était de 10%. Cette prime de risque est nécessaire pour que les investisseurs achètent les actions vu que, généralement, nous n’aimons pas risquer de perdre notre argent. Et plus le risque est élevé, plus la prime doit l’être aussi.

LES OBLIGATIONS

Si vous détenez une obligation, c’est que vous avez prêté de l’argent au gouvernement, à une institution ou une entreprise contre l’engagement de vous payer des intérêts régulièrement et de vous remettre la somme prêtée après un certain nombre d’années. Vous comprenez qui si vous prêtez au gouvernement canadien, vous ne pouvez pas trouver de prêteur plus sûr au Canada. Il mérite la cote la plus élevée. Le système varie d’une agence de notation à l’autre, mais disons que c’est AAA. Certains pays, comme la Grèce en 2008, sont cotés plus bas. Il en va de même pour les entreprises. Plus la cote est haute plus il est possible d’emprunter à bas taux. Inversement si la cote est basse, plus la prime de risque sera élevée. Tiens, tiens. Il y a donc aussi une prime de risque dans le secteur obligataire.

Et encore là, vous pouvez choisir, entre autres, selon votre tolérance au risque. Les obligations des gouvernements de pays riches offrent grande sécurité et rendement faible ou négatif; leur but est de protéger votre capital en cas de chute des marchés. Certaines sont aussi indexées à l’inflation. Les obligations de pays moins riches ou pauvres vont vous attirer avec des taux plus élevés.

Les entreprises vous offrent aussi une variété. Celles qui ont un bon bilan et des profits intéressants vous vous offrir une sécurité à défaut des rendements mirobolants. C’est ce qu’ont fait Apple et Visa cette année. Elles empruntent à bas taux pour rembourser d’autres emprunts à taux plus élevé d’années antérieures.

Finalement, les entreprises dans une situation moins enviable vont devoir offrir des taux plus élevés pour attirer les investisseurs. Encore là, les taux vont varier selon la situation de chacune.

L’argent procuré par les obligations vient aussi d’une autre source, le gain en capital. Quand les taux offerts à un moment donné sur le marché baissent, comme c’est le cas depuis plusieurs années, la valeur des obligations émises avant, à taux plus élevé donc, augmente. Mais, inversement, si les taux montent, la valeur des obligations baisse. Si vous les gardez, c’est sans conséquence, mais si vous vendez (comme pour des actions dans un krach boursier), vous subissez une perte.

CONCLUSION

J’ai fait un grand détour pour que vous puissiez comprendre pourquoi j’ai proposé un fonds d’obligations à ma cliente qui détenait son CÉLI dans un compte d’épargne. Je la fais passer, pour cette portion de ses épargnes, des liquidités, qui rapportent plus ou moins 0% et perdent de la valeur à cause de l’inflation, à des obligations.

Essentiellement, j’ai 2 fonds.

  1. Le premier fonds est moins sexy avec un rendement avoisinant 4%/an, avec des entreprises cotées en moyenne BB, se classant dans le 2ième quartile sur 1, 3 et 5 ans, une année négative en 2015.
  2. Le deuxième fonds, plus jeune (3 ans complets), a aussi des compagnies BB en moyenne, est dans le 1er quartile sur 1 et 3 ans avec un rendement supérieur à 7%, mais il est plus susceptible de subir des baisses à cause de la durée moyenne des obligations. Mais pour quelqu’un qui a un bon horizon temporel, ce n’est pas vraiment un problème.

Au final, des fonds d’obligations sont tout désignés pour les gens qui craignent les risques des actions, mais dont les liquidités de leurs comptes d’épargne ou leurs CPG les mettent à risque de manquer d’argent à long terme, en plus de leur faire payer trop d’impôt.

Ils sont bons également pour les autres investisseurs qui veulent améliorer leur diversification et réduire leur risque total.

450 774 4584

poitras@cgocable.ca

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