LA CRISE ARRIVE

 Dans Placements

Oui, mais quand cette crise se pointera-t-elle? Voici diverses réponses venant de représentants de quelques compagnies de fonds.

  • Sandy McIntyre, ex-chef des placements chez Investissements Sentry, disait à un de ses représentants régionaux : « L’ancien chef de la direction de CITI, Chuck Prince, (avant la crise de 2008, NDLR) a déclaré : « Tant qu’il y a de la musique, il faut se lever et danser. Nous dansons encore. » La fin du cycle peut durer longtemps. Les actions peuvent encore progresser … ». Mais il notait plusieurs signes qu’on se trouve clairement en fin de cycle.
  • Quant à Kevin Headland, stratège principal des placements chez Investissements Manuvie, il nous disait, la semaine dernière, à Montréal, que nous nous trouvons en troisième période. Il y a une bonne possibilité de prolongation puisque nous ne voyons pas de signe de récession. Mais les rendements devraient diminuer.
  • François Rancourt, vice-président de district chez Placements Mackenzie, nous avait illustré la situation, à sa façon, ce printemps, et il me l’a resservi au début du mois vu que rien n’a changé. Dans un bar, tard le soir ou la nuit, vous avez le choix de continuer à prendre des shooters ou une bière sans alcool (0,5% ou moins) ou de l’eau. Vous n’avez pas l’heure, mais vous êtes sur le party depuis un bout de temps. Vous n’avez aucune idée si le « last call » et la fermeture qui suivra arriveront dans 5 minutes, dans une heure ou deux ou trois. Il est peut-être temps de jouer un peu plus défensif.

Mais plusieurs sont euphoriques. Parmi les signes que Sandy mentionnait :

  • l’envolée du bitcoin (à plus de 5000$),
  • l’engouement pour les actions des pays émergents,
  • l’émission d’une obligation à 100 ans par l’Argentine qui a fait défaut de paiement à plusieurs reprises et
  • une première émission d’obligations de 500M$US par le Tadjikistan dont le prospectus comportait une liste de risques longue comme le bras.

Sur la courbe des émotions, l’euphorie est bien proche de l’anxiété qui précédera le déni, surtout pour ceux qui vivront leur première expérience.

Pourtant, les répartitions préconisées privilégient toujours les actions. À titre d’exemple, RBC Gestion mondiale d’actifs abaisse sa répartition d’actions à 58% (59% à l’été, 60% au printemps et 61% en début d’année) face à sa répartition de référence de 55% pour son portefeuille équilibré mondial. Mais les gestionnaires se dirigent davantage vers les secteurs plus défensifs.

Est-ce la répartition qui vous convient? Si vous ne travaillez pas avec un conseiller en placement qui n’utilise que des titres individuels, votre portefeuille ne bouge probablement pas de cette façon. Si vous avez des fonds communs, fonds distincts ou portefeuilles gérés, les gestionnaires ont, dans leur mandat, une certaine latitude; ce sont eux qui font ces ajustements. À la conférence Manuvie, la semaine dernière, on nous disait que les portefeuilles gérés ont plus que doublé en pourcentage des investissements des individus et ménages entre 2006 et 2016. Même les conseillers en placements (qu’on appelait autrefois « courtiers en valeurs mobilières de plein exercice » ou plus simplement « courtiers ») les utilisent largement.

Et vous, que ferez-vous?

 

Après avoir répondu aux 10 questions, vous avez peut-être besoin (peut-être pas envie) de contacter votre conseiller; contactez-moi. Reprécisez-lui vos objectifs et quand vous voulez que ça se réalise (horizon temporel). Il regardera où vous en êtes (bilan, soit l’actif, le passif (vos dettes) et votre valeur nette) et, avec vous, il établira la marche à suivre, en fonction de votre tolérance au risque. Mais attention, n’espérez pas faire 10% avec votre compte de banque, des CPG ni, même, des obligations (même celles de l’Argentine ou du Tadjikistan, autour de 7% à 8%, mais beaucoup plus risquées et moins liquides que des fonds équilibrés, par exemple). En fait, pour viser 10% de rendement, il faut prendre bien des risques et qui dit risque dit perte potentielle. D’ailleurs, RBC donne comme rendements de 1, 5 et 10 ans du S&P/TSX 7,23%, 8,13% et 4,10% et du S&P 500 10,68%, 19,87% et 9,44%. Dans le premier cas, plusieurs gestionnaires actifs dépassent ces chiffres. Dans le deuxième cas, c’est plus rare. Alors, c’est moins le temps de vous lancer largement là si vous n’avez ni le profil ni l’habitude.

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Comments
  • Carl Bruneau
    Répondre

    Très intéressant Denis.

    Ne manque que la boule de crystal. 🙂

    J’aime bien l’analogie du gars dans le bar tard le soir. C’est la première fois que je l’entend celle-là.

    Merci pour tes blogues toujours intéressants.

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