LA HAUSSE DES TAUX ET VOUS

 Dans Assurances, Épargne, Placements

« C’est fait. » Quoi donc? La hausse du taux de la Banque du Canada. Et quand on dit que c’est fait, c’est parce que ça fait des années qu’il n’y en a pas eu. Mais ce n’est que la première d’une série; on parle de 5 ou 6 d’ici 2 ans.

« Et puis? » Et puis, ça va avoir des conséquences. Comme on dit parfois : j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

Parmi les mauvaises nouvelles, les banques vont emboîter le pas et vos emprunts vont vous coûter plus cher. Pas tous. Vos cartes de crédit qui vous facturent 19,9% ou 29,9% ne vous augmenteront pas. Ça ne veut pas dire que c’est une bonne affaire ni que vous devriez augmenter ce type de crédit. Non, non. C’est déjà bien trop cher et s’il y a un endroit pour commencer à vous désendetter, c’est là.

Pour les autres emprunts dont les taux vont augmenter, hypothécaire, marge de crédit principalement, le premier va augmenter en fonction de la concurrence (c’est pour ça qu’un courtier hypothécaire va magasiner pour vous; contactez-moi). Le deuxième, où vous êtes captif, à moins de faire la recherche vous-même, lui, a certainement augmenté du même 0,25% que la Banque du Canada. Par exemple, ManuvieUn est passé de 3,2% à 3,45%. Quel impact cela a-t-il sur vos finances? Pour 10000$, ça veut dire 25$ d’augmentation pour un an. Selon votre situation, vous multipliez ou divisez.

Maintenant que vous savez combien de dollars vous devrez débourser de plus, il faut ajuster votre budget. Diminuerez-vous dans le montant que vous épargnez, couperez-vous telle ou telle dépense ou augmenterez-vous vos revenus? Et si on a 5 ou 6 hausses d’ici 2 ans, vous êtes peut-être mieux de commencer à y voir de plus près tout de suite, drette-là.

Deuxième mauvaise nouvelle, l’inflation, dont on ne parle pas vraiment beaucoup, risque fort de se mettre à augmenter. Je rencontrais, pas plus tard qu’hier, un couple, octogénaire et septuagénaire. Madame qui n’a plus le goût ni l’énergie pour cuisiner et faire le ménage voudrait bien s’en aller en résidence. Le coût de la vie en résidence va augmenter parce que la demande est là. À St-Hyacinthe, par exemple, le projet le plus médiatisé est une tour de 15 étages; il y en a d’autres de moindre envergure. L’inflation, la demande et une espérance de vie plus longue vont forcément augmenter le coût de la retraite.

Beaucoup de gens parlent en mal des syndicats, mais ils ont contribué à l’implantation des fonds de pension à prestations déterminées (un montant fixe par mois toute votre vie; mieux, il est indexé dans certains cas). Il y en a moins qu’auparavant. Les chanceux dont l’employeur contribue à un tel fonds le font majoritairement, maintenant, dans un régime à cotisations déterminées (contribution fixe, en dollars ou pourcentage, au lieu de devoir combler le manque de rendement des fonds investis; le rendement obtenu déterminera ce que vous recevrez). Au moins l’argent sera là et vous ne pourrez piger dedans. Le REÉR collectif, avec ou sans participation de l’employeur est mieux qu’un coup de pied, mais, comme vous aurez le droit d’y piger plus ou moins à votre guise, vous ne serez pas certain de recevoir de l’argent toute votre retraite. Vous auriez donc avantage à me contacter. Ensemble, nous pourrons voir à établir un programme de financement pour votre retraite.

Je signale en passant que l’assurance invalidité sert aussi à préserver votre programme de retraite. Elle vous fournit non seulement de l’argent pour remplacer votre revenu de travail pour vivre maintenant, mais encore pour continuer à contribuer à votre retraite si vous le désirez (mais ça va coûter un peu plus cher, c’est sûr).

« Denis, as-tu au moins une bonne nouvelle? » J’en ai deux, mais vous jugerez. Les taux d’intérêt sur vos placements à revenu fixe devraient augmenter. Je dis bien « devraient » parce que, pour l’instant, pour les CPG et comptes bancaires, je n’ai presque rien vu. J’ai bien un spécial, pour un CPG non rachetable de 5 ans, pour 25000$ minimum, à 2,40%, pour un temps indéterminé; intéressés agir vite. Pour les autres, un 0,10% de plus par-ci par-là.

L’autre bonne nouvelle est théorique et touche l’ensemble de l’économie canadienne dont l’augmentation du PIB est supérieure à 4% sur une base annuelle actuellement. Donc, si on veut éviter qu’elle surchauffe et casse (récession) plus rapidement, il faut la ralentir en augmentant les taux. Conséquence: les montants empruntés devraient diminuer chez les individus et les entreprises, surtout si on a 5 ou 6 hausses. Donc, si vous dépensez moins et si les entreprises dépensent moins, l’économie va ralentir sa progression.

Mais, c’est mon opinion et je la partage, les deux bras du contrôle de notre économie tirent dans des directions opposées. Ceux qui ont fait un peu de physique le savent, deux forces égales de sens contraire s’annulent. Quelle est cette autre force? Le budget fédéral. Un gouvernement, selon Keynes, devrait pouvoir faire des déficits pour stimuler l’économie en période de récession. On vient de voir que c’est le contraire qui se produit. Le corollaire, c’est qu’il faut faire des surplus quand ça va bien pour rembourser nos emprunts. Le gouvernement sait-il quand il va au moins commencer par revenir à l’équilibre budgétaire? NON. Donc, le gouvernement Trudeau, comme celui de son père qu’il admire tant, garroche l’argent par les fenêtres comme les 500M$ pour célébrer les 150 ans de la Constitution.

À 25 milliards de dollars de déficit et plus par an pendant plusieurs années, la dette fédérale va augmenter considérablement. Comme conséquence, le « service de la dette » va augmenter de façon importante. Premièrement, les taux augmentant du fait des décisions de la Banque du Canada, les paiements d’intérêts sur une dette croissante vont augmenter doublement. Deuxièmement, la situation créée par une dette croissante va amener les agences de notation à abaisser la cote de crédit du Canada. Le gouvernement sera alors soumis à une hausse du taux d’intérêts sur tous ses emprunts. Pour revenir à l’équilibre, le gouvernement sera tenté de hausser les taxes, ce qui aura un impact négatif sur le financement de votre retraite. Donc, préoccupez-vous en dès maintenant. Ceux et celles qui sont à la retraite doivent revoir leurs prévisions. Ceux qui ne le sont pas encore aussi. Contactez moi.

Billets recommandés

Laissez un commentaire