L’AIR DU TEMPS AU DÉBUT DE 2020

 Dans économie

 

Le krach de 2008 est bien loin derrière nous. Plusieurs jeunes adultes ne connaissent pas vraiment le sens de ce mot, sauf théoriquement. Et si j’allais rencontrer des élèves de secondaire 5, comme il m’est arrivé de le faire, ils.elles n’auraient même aucun souvenir de cette période, vivant au présent en ce début de 2020.

 

LES ACTIONS

Comme disait Charles Émond, le nouveau président de la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec (CPDQ, La Caisse) : « Les marchés, cette année (2019, note de l’auteur), ont pratiquement connu … des rendements de 25, 30 % … alors que les profits des entreprises … sont restés stables, à 0 % de croissance. Donc, comme on dit, les arbres montent pas jusqu’au ciel. » Que veut-il dire?

Une des façons d’évaluer la valeur d’une action est le ratio cours/bénéfice (C/B). Le cours, c’est le prix d’une action. Le bénéfice, c’est le bénéfice anticipé (pour le prochain exercice financier) de l’entreprise, divisé par le nombre d’actions de cette entreprise. Par exemple, si ce ratio est de 8, cela veut dire qu’on espère un bénéfice de 12,5% (100% divisé par 8), ce que plusieurs considéreraient comme très bon, même si d’autres pourraient penser que ce n’est pas suffisant. Power Corp., par exemple, se débarrassait de toutes les entreprises qui ne parvenaient pas à atteindre 15% de profit annuel à long terme (exit La Presse). Pour Tesla le C/B (P/E ratio en anglais) est de 110, ce qui veut dire que le profit estimé est de moins de 1% alors que, depuis un an, la valeur de l’action a plus que doublé.

Donc, dans la citation de m. Émond, ce qu’il faut entendre, c’est qu’il n’est pas raisonnable d’espérer voir le prix des actions continuer de monter à ce rythme si les profits ne suivent pas. On pourrait même craindre une baisse afin de ramener le ratio à un niveau plus raisonnable.

 

LES TITRES À REVENU

D’une façon générale, les obligations offrent peu d’attrait vu les taux nominaux (affichés) très faibles : moins de 2% pour les obligations d’état (Canada et USA) même pour des périodes de 10 ans. Je vous ai déjà parlé d’obligations d’états, européens principalement, dont les rendements nominaux sont négatifs. Quant aux obligations de sociétés, dont le rendement affiché est généralement supérieur à celui des états, j’ai lu que certaines offrent maintenant des taux négatifs.

Eh bien, j’ai une nouvelle pire encore. Les taux réels vous plombent davantage. C’est quoi? Le taux réel, c’est le taux nominal – l’impôt (qui se sert en premier) et – l’inflation. Donc, ici, supposons un taux nominal de 2%. Comme ce sont des intérêts qui vous sont versés, ils sont pleinement imposables à votre taux marginal, entre 0% et 53%, disons 30%, soit, dans cet exemple, 0,6%. Il vous reste donc 1,4%. Mais comme le taux d’inflation avoisine 2%, il vous reste donc… en fait, il ne vous reste rien, vous perdez même 0,6%.

Difficile de devenir riche en perdant 0,6% par année.

 

CONCLUSION

Vous comprenez maintenant pourquoi les stratèges privilégient les actions. Mais il faut aussi des titres à revenu pour assurer une protection contre des baisses éventuelles. C’est ce qu’on appelle assurer le secteur défensif du portefeuille.

Les perspectives de croissance sont encore relativement bonnes, mais, rendus à ce point, il est normal de s’attendre à un recul boursier (moins de 20%). Pour un krach (plus de 20%), ça prend un catalyseur, un événement déclencheur. Qu’est-ce que ça pourrait être? Difficile à dire. Mais

  • que le coronavirus de Wuhan s’étende, avec un taux de propagation de 2,1/1 actuellement, qui se maintienne ou augmente,
  • que le taux de décès autour de 2% augmente ou
  • que ça dure longtemps et que ça nuise à la production et au commerce et ça pourrait y être.

Donc, selon votre tolérance au risque et votre portefeuille type, vous pourriez

  • maintenir votre répartition actuelle entre actions, titres à revenu et liquidité ou
  • réduire un peu votre proportion d’actions comme mesure défensive en cette fin de cycle exceptionnellement long.

Dernièrement, je rencontrais un ancien élève qui me demandait si ce n’était pas justement le temps de se mettre plus en liquidités. Ma réponse? Je travaille avec des gestionnaires de fonds en qui j’ai confiance pour les gérer. Après examen, plutôt au hasard d’une trentaine de fonds 4 ou 5 étoiles, je constate que les fonds équilibrés ont un taux de liquidités généralement inférieur à 10%, dont un à plus de 22%, et le plus faible à 0,77%. Du côté des actions, le taux est généralement inférieur à 5%. Mais j’ai aussi vu, il y a quelques années, un gestionnaire qui avait plus de 40% de liquidités.

On peut voir de tout et, dans Secret Of The Investment All-Stars, de K. A Stern, chez Amacom, on nous présente 9 gestionnaires vedettes des USA, chacun avec son style. Il n’y a pas de meilleur style de gestion. Il faut savoir ce qu’on fait et s’en tenir à son style, même si un autre fait le contraire. On peut « perdre de l’argent » durant un temps, mais la constance paie.

Pour connaître votre tolérance au risque et voir si vos investissements y correspondent,

poitras@cgocable.ca

450-774-4584.

 

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