LE CÉLI (COMPTE D’ÉPARGNE LIBRE D’IMPÔT) PARTIE 2

 Dans Épargne, Placements, Régimes enregistrés

LE CÉLI (COMPTE D’ÉPARGNE LIBRE D’IMPÔT)

PARTIE 2

OBJECTIF ET BUTS

Comme je le disais dans la partie 1, l’objectif du CÉLI est de vous permettre d’accumuler de l’épargne. C’est l’objectif du gouvernement. Pour y arriver, il vous donne un bonbon : vos revenus seront libres d’impôt.

Mais vous, quels sont vos buts? Aucun but nécessitant de l’argent pour se réaliser n’est exclu. En voici quelques-uns, mais vous n’êtes limité que par votre imagination. Votre planification peut entrer en jeu.

  1. Vous pouvez vous prémunir contre les difficultés temporaires. Un coussin de sécurité équivalant à trois à six mois de dépenses devrait vous permettre de faire face à plusieurs imprévus. Il faut faire preuve de discipline pour ne l’utiliser qu’à cette fin. Pour des problèmes plus longs ou plus importants, il y a l’assurance, mais ce n’est pas le propos ici, même si c’est très pertinent pour votre planification.
  2. Des objectifs à moyen terme peuvent vous allumer, dépenses ou investissements : voyages, études, équipement, etc.
  3. L’accumulation d’un comptant pour un achat important et de longue durée est parfois nécessaire. Pour une maison, par exemple, depuis quelques années, le gouvernement oblige à une certaine mise de fonds. Dans d’autres cas, ce n’est pas obligatoire, mais ce peut être souhaitable. Les concessionnaires automobiles, par exemple, recommandent des montants de comptant dans le but de rendre les paiements plus petits, entre autres. Des études durant plusieurs années pourraient être classées ici.
  4. Pour l’objectif à encore plus long terme qu’est la retraite, il faut commencer le plus tôt possible et accumuler des sommes importantes. Plus vous commencez tôt, moins les prélèvements mensuels ont besoin d’être importants, pour deux raisons. Premièrement, en l’absence de tout rendement, on comprend que, pour atteindre un capital donné en quarante ans, vous auriez besoin de montants deux fois plus petits qu’en vingt ans et quatre fois plus petits qu’en dix ans. Deuxièmement, s’il y a rendement, ce rendement sera composé et il viendra réduire la nécessité d’ajouter du capital.
  5. Et si vous pensez au-delà de votre propre vie et que vous désirez laisser un patrimoine à vos héritiers, vous devrez le préparer et non attendre que cela se produise tout seul.

PLACEMENTS ADMISSIBLES

Dans la Partie 1, on a abordé cette question. Si on oublie les actions de pme non inscrites en bourse, on disait : « On peut laisser cet argent liquide, dans un compte bancaire, par exemple. On peut se procurer des certificats de placement garanti (CPG ou dépôts à terme). On peut acquérir des valeurs mobilières cotées en bourse (actions, par exemple) ou des obligations. On peut investir dans toutes sortes de placements par l’intermédiaire de fonds communs de placement (FCP) ou de fonds distincts. »

Votre horizon temporel (le temps avant l’utilisation des épargnes) et votre(vos) objectif(s) devraient vous indiquer le(s) type(s) de placement à utiliser. Votre tolérance au risque devrait aussi être considérée.

  1. Pour le court terme (moins d’un an), vous devriez conserver l’argent liquide ou prendre des CPG de courte durée (30 à 364 jours).
  2. Pour le long terme (plus de cinq ans), vous devriez envisager une saine diversification des types, des durées, des styles et géographique, entre autres. Si, comme beaucoup de gens, vous avez tendance à n’utiliser que des placements sans risque (de perte de votre capital), vous devriez envisager d’autres risques. En particulier, dans l’environnement de faibles taux d’intérêt de longue durée dans lequel nous nous trouvons, les véhicules ne générant que des intérêts risquent de vous faire manquer vos objectifs et de réduire votre pouvoir d’achat.
  3. Pour le moyen terme, évidemment, ce sera un mix des deux précédents.

STRATÉGIES

  1. CÉLI vs compte ouvert (non enregistré)

À l’évidence, à moins de ne pas avoir de droits de cotisation inutilisés, vous favorisez le CÉLI qui met vos revenus à l’abri de l’impôt, particulièrement les dividendes qui sont d’abord majorés avant d’être traités favorablement. C’est lors de la première étape qu’ils viennent affecter vos droits à divers crédits, contribuer à augmenter les coupures dans la PSV (pension de vieillesse) ou à empêcher d’avoir droit au SRG (supplément de revenu garanti).

  1. CÉLI vs REÉR

Il n’y a pas toujours de prescription simple, mais plutôt des aspects à soupeser. On pose ici, comme hypothèse, que votre capacité à contribuer à l’un ou l’autre est illimitée, ce qui est rarement le cas.

  1. Si vous croyez faire des retraits et des dépôts, un peu comme d’un compte d’épargne, le CÉLI apparaît plus approprié.
  2. Si vous recherchez une protection contre les créanciers, le REÉR seul vous offre cela.
  3. Si vous visez faire un legs exempt d’impôt, prenez le CÉLI. N’oubliez pas que tous vos REÉR, FERR, etc., sont désenregistrés et deviennent imposables à votre décès; seule exception : legs testamentaire à votre conjoint(e).
  4. Pour vos épargnes de retraite, la règle générale veut que si vos revenus de retraite seront imposés à un taux marginal inférieur à celui de vos revenus pré-retraite, vous favorisiez le REÉR. Si vos revenus de retraite seront imposés à un taux marginal égal à celui de vos revenus pré-retraite, favorisez le CÉLI. Même chose pour un revenu à taux marginal supérieur à la retraite, ce qui pourrait se produire en cas d’héritage ou de vente d’actifs, par exemple.
  5. Comme tous les retraits du REÉR sont traités comme des revenus ordinaires et pleinement imposés, vous avez avantage à mettre dans votre CÉLI des placements dont les revenus sont pleinement imposés hors-REÉR, soit des intérêts (comptes bancaires, CPG, obligations). Vous devriez aussi mettre dans le CÉLI, les placements de croissance dont les revenus ne sont pas pleinement imposés, soit des dividendes et des gains en capital.
  6. Passé 71 ans, la question ne se pose même pas : CÉLI.
  7. Doit-on emprunter pour contribuer au CÉLI ou au REÉR? Les intérêts ne sont pas déductibles. Donc, le rendement net, pour le justifier, devrait être supérieur au coût d’emprunt. J’ajouterais que votre taux d’endettement ne devrait pas être trop élevé (ni votre taux d’intérêt moyen) et que votre tolérance à l’endettement, elle, doit l’être.
  1. CÉLI vs REÉR vs REÉÉ

Le REÉÉ a l’avantage d’offrir des subventions qui varient de façon inverse au revenu familial. Une des stratégies consiste à investir dans le REÉÉ et, au moment du décaissement, d’utiliser les subventions et la croissance pour les études (imposées dans les mains du bénéficiaire) et de réinvestir les contributions (non imposées) dans le CÉLI ou le REÉR selon les principes ci-dessus. Une autre stratégie demande d’investir dans le REÉR et d’investir les retours d’impôt dans le REÉÉ et le CÉLI. Dans tous les cas, cela requiert une étude bien chiffrée tenant compte de la situation fiscale, entre autres.

  1. CÉLI vs remboursement d’hypothèque

Un peu comme en 2. g., il faut considérer votre tolérance, votre taux d’endettement et votre rendement net. Comme, ici, il est question d’une hypothèque pure, avec les taux actuels très bas, il n’est pas difficile de réaliser un rendement net positif, pour peu qu’on sorte des comptes bancaires, des CPG et des obligations gouvernementales.

Pour en discuter ou passer à l’action, contactez-moi, à l’aide du lien ci-dessous ou poitras@cgocable.ca ou 450-774-4584.

 

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