LE CHOIX DES FONDS COMMUNS DE PLACEMENT (PARTIE 2)

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LE CHOIX DES FONDS COMMUNS DE PLACEMENT (PARTIE 2)

Dans la première partie http://lebloguefinancier.com/choix-fonds-communs-placement-partie-1/, je disais qu’avant de vous précipiter pour choisir des fonds, vous avez plusieurs étapes à franchir. Dans les dernières, nous devions établir votre tolérance (ou aversion) au risque et votre capacité à en prendre. Cela nous permettait d’établir la répartition d’actif qui vous convient et qui devrait vous permettre d’atteindre votre(vos) objectif(s) dans le temps établi.

Il y a environ 10000 fonds communs de placement (FCP), 7500 fonds distincts et plus de 500 fonds négociés en bourse (FNB). Nous devons donc pouvoir filtrer afin de réduire nos recherches.

  1. Filtre des catégories d’actif :
    1. Actions : les titres de propriété d’entreprises (c’est ce que sont les actions) sont les titres qui peuvent nous procurer la plus grande croissance (gain en capital), mais aussi les plus grandes pertes (en capital). Je ne choisis que des fonds généraux, trouvant que les fonds reliés à un secteur donné, finance ou énergie, par exemple, augmentent le risque.
      1. Grandes entreprises (ou toutes capitalisations dans certains cas) : si je ne choisis que des fonds d’actions (ou majoritairement), ils constitueront la plus grande partie du portefeuille.
      2. Actions à revenu : je considère que c’est une sous-catégorie de la précédente où les gestionnaires accordent une attention aux dividendes versés comme étant une source de revenu, mais aussi de stabilité.
      3. Petites entreprises : elles croissent généralement plus vite que les grandes, mais peuvent aussi voir leur valeur reculer plus rapidement. Leur cycle précède ordinairement celui des grandes, ce qui contribue à stabiliser le portefeuille. Je peux y aller jusqu’à 20% du portefeuille d’actions (25% dans certains cas particuliers).
    2. Obligations : les titres de prêt (les obligations en sont) procurent généralement et directement des intérêts et on vous remet votre capital investi à la fin. Mais de nombreuses variantes ont été créées. La valeur du capital, fixe en principe, varie en fonction de plusieurs facteurs dont l’évolution des taux d’intérêt; quand les taux vont monter, la valeur des obligations déjà émises va baisser (perte en capital). En période de baisse sur le marché des actions, la valeur des obligations monte (gain en capital). Je n’utilise que peu les obligations en raison de la faiblesse des taux comparativement aux frais.
      1. Gouvernements : Les pays développés dont les économies vont bien offrent des obligations à taux très faibles. L’Allemagne par exemple offre même des rendements négatifs (c’est vous qui payez pour les détenir). Des pays comme l’Italie et autres PIIGS ont payé très cher quand leur économie allait mal. Les pays émergents paient aussi très cher. Mais vous n’êtes payés et remboursés que si le pays a l’argent. Rappelez-vous le défaut de paiement de la Grèce récemment.
      2. Sociétés : Il en va des sociétés comme des gouvernements. Elles vont payer des taux qui vont varier en fonction inverse de leur solidité financière. Actuellement, de façon générale, elles paient moins cher en raison de l’abondance des capitaux : merci m. Bernanke et son assouplissement quantitatif.
    3. CPG : les certificats de placement garantis sont des prêts que vous consentez aux institutions financières qui vous versent un intérêt (faible pour les mêmes raisons) et qui vous retourneront votre capital au terme prévu. Je n’utilise que peu les CPG en raison de la faiblesse des taux comparativement aux frais (même si les frais sont cachés dans les bas taux).
    4. Liquidités : C’est l’argent que vous détenez dans un compte bancaire ou que vous conservez. Leur utilité est de payer certaines transactions immédiates ou futures (mais relativement proches) ou pour remplir votre obligation de retirer des montants de vos REÉR ou FERR, par exemple. Les liquidités vous évitent alors de vendre à perte certains actifs. Il y a aussi possibilité d’avoir des fonds du marché monétaire.
    5. Fonds équilibrés : les fonds équilibrés devraient plutôt être qualifiés de fonds mixtes : ils comprennent des actions et des obligations, mais en proportions variables. Il y a des fonds conservateurs (ou prudents) comprenant jusqu’à 80% d’obligations contre aussi peu que 20% d’actions. Ils sont peu volatils mais procurent des rendements supérieurs aux fonds d’obligations. À l’autre bout du spectre, vous avez des fonds comptant 20% d’obligations contre 80% d’actions pour plus de rendement avec un peu de protection. Entre les deux, bien sûr, vous avez des valeurs comme 60-40%, 50-50% et 40-60%. C’est pour les fonds stratégiques. Les fonds tactiques peuvent jouer, dans certains cas, de 0% à 100% autant pour les actions que pour les obligations. Tous les fonds, équilibrés ou non, peuvent détenir des liquidités.
  2. Filtre du style de gestion des fonds d’actions :
    1. Valeur : le style valeur (de base) veut qu’on achète à bas prix et qu’on vende quand on a atteint son prix cible. Ce gestionnaire ne veut pas acheter bas; il veut acheter très bas et il est patient.
    2. Croissance : le gestionnaire de style croissance est intéressé à acheter des actions d’entreprises qui croissent plus vite que la moyenne et dont la valeur augmentera d’autant. Quand l’augmentation de la croissance ralentit trop, il vend.
    3. Momentum : le gestionnaire de style momentum cherche des entreprises dont la valeur a commencé à progresser et qui sont sur une lancée. Il gardera les actions aussi longtemps que le momentum ne faiblira pas trop à son goût.
    4. Indiciel : le gestionnaire de style indiciel tente de refléter l’indice le plus fidèlement possible. On parle aussi de gestion passive comparativement aux trois précédents qui font de la gestion active.
  3. Filtre géographique :
    1. Canada : évidemment, je commence à regarder dans notre cour. Nous connaissons souvent les entreprises. Nous évitons le risque de change puisque tout est libellé en dollars canadiens. Mais le marché canadien est très limité en nombre d’entreprises et en secteurs : ressources 25%, pétrole et gaz 25% environ et finance 25% environ.
    2. États-Unis : bien sûr, je ne peux ignorer le marché américain qui représente une part importante des entreprises inscrites en bourse à travers le monde. Les entreprises sont de taille diverses, dans des secteurs d’activité très variés. Les fonds peuvent, dans plusieurs cas, être libellés en dollars américains, ce qui peut représenter un avantage pour des gens qui résident une partie de l’année aux USA.
    3. Monde : le monde englobe le Canada et les États-Unis. Si on ne veut avoir que le reste, on parle d’international. Il faut alors bien regarder la composition si on veut éviter certains pays. Et dans l’international, il y a aussi les pays émergents dont la réputation varie au fil du temps. Pourtant, ils vont devenir incontournables. Alors que le Fortune Global 500 (les 500 plus grosses entreprises de la planète) ne comptait que 23 entreprises des pays émergents en 2000, leur nombre a atteint 85 en 2010 et devrait atteindre 229 (pas loin de la moitié) en 2025. Et si les investisseurs individuels se sont beaucoup retirés depuis 2011 (après une remontée après la crise de 2008-09, les investisseurs institutionnels en redemandent depuis 2006-07.
  4. Filtre technique :
    1. Rendement : le rendement est ce qui nous intéresse au premier chef et, généralement, le rendement composé. Les chiffres sur dix ans ne sont plus très significatifs. Cinq ans est une période intéressante puisqu’elle contient d’habitude une chute du marché, ce qui nous permet de voir comment le fonds s’est comporté, mais il faut aussi regarder année par année et, particulièrement la dernière année. Il faut aussi comparer les rendements du fonds à ceux de son indice et de sa catégorie.
    2. Écart-type : cette mesure est une des plus anciennes pour nous permettre de mesurer la volatilité qui est ce qu’on considérait comme le plus proche du risque. Les mêmes périodes et comparaisons s’appliquent. La combinaison du risque (écart-type) et du rendement dans un graphique, m’a longtemps servi de base de sélection, avec d’autres points.
    3. Ratio de Sharpe : à court terme, il permet de mesurer ce que le gestionnaire ajoute (espérons-le) à l’indice.
    4. Ratio de capture à la hausse et ratio de capture à la baisse : ils nous disent, pour la période donnée, quel pourcentage de la hausse de l’indice relié au fonds a été capturé par ce fonds. Par exemple, le fonds Manuvie équilibré canadien est allé chercher 146,56% de la hausse de l’indice sur 1 an et 128,36% sur 3 ans. Pour la baisse, c’est similaire. Ce fonds n’a baissé que 22,93% autant que l’indice sur un an et 17,24% sur 3 ans. On comprend pourquoi, étant si bon, la compagnie l’a fermé à de nouvelles ventes. Vous avez même des fonds qui continuent de monter même quand l’indice descend comme le Altamira croissance Québec : -7,63% sur 1 an et -54,85% sur 3 ans et 15,96% sur 5 ans. Je préfère généralement ces indices à l’écart-type qui amalgame hausses et baisses. Ici, je peux faire beaucoup mieux que les fonds indiciels et les FNB.
  5. Filtre des compagnies et des gestionnaires : comme représentant inscrit chez Excel gestion privée, je ne peux offrir des fonds que des compagnies qui ont une entente avec Excel.
    1. Compagnies :
      1. Philosophie de placements : le chef des placements est chargé d’appliquer la philosophie maison, s’il y en a une.
      2. Nombre de fonds: je veux des compagnies qui offrent suffisamment de fonds pour permettre des échanges faciles au cours des années.
      3. Nombre de bons fonds : les bons fonds sont principalement les fonds dont le rendement se trouve dans le premier quartile et pas toutes les compagnies parviennent à placer 25% de leurs fonds dans le premier quartile.
      4. Structure des fonds : les plus importantes compagnies offrent diverses structures de fonds pour répondre aux besoins fiscaux des clients et disposent de fiscalistes pour les concevoir, mais aussi pour donner des conseils, au besoin.
    2. Gestionnaires : les gestionnaires ont la charge des fonds individuellement. Leur réussite dépend de plusieurs facteurs dont leur expérience, de la taille et de la compétence de leur équipe.

Avec tout ça, j’essaie de vous choisir les fonds les plus appropriés à votre situation. Devant des fonds équivalents ou presque, vous me permettrez de choisir celui qui m’offre la meilleure commission de suivi.

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