LE RISQUE

 Dans Épargne, Placements

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Dans un billet qui remonte à 2014, je vous parlais de risque et vous annonçait que j’y reviendrais http://lebloguefinancier.com/penser-retraite-partie-2-suite/. C’est aujourd’hui. Je définis 11 risques. Ne manquez surtout pas les deux derniers. Ils pourraient vous affecter durant votre retraite.

  1. Le risque, c’est d’abord la possibilité de perdre son argent. Dans le domaine financier, c’est le risque ultime. Il se décline de plusieurs façons.
  2. Celui dont vous êtes le plus conscient, c’est celui qu’on appelle le risque de marché. On vous en parle tous les jours de la semaine et, si vous êtes abonné à des chaînes spécialisées, 24 heures par jour, à la limite. La bourse (les bourses, en fait) monte ou descend. Heureusement, elle monte plus qu’elle ne descend, mais, parfois, comme en 2008, elle chute énormément. On parle de volatilité. On peut même calculer la peur qu’elle provoque http://lebloguefinancier.com/indice-peur-vix/. La volatilité est bonne; c’est grâce à elle que vous pouvez faire de l’argent … ou en perdre. Une bourse sans volatilité, c’est comme si vous étiez sans mouvement : mort. Une chose est sûre : si vous ne vendez pas, lors d’une baisse, vous ne perdez pas.
  3. À moins, bien sûr, que l’entreprise dans laquelle vous avez investi, inscrite à la bourse ou pas, ne fasse faillite ou doive se restructurer et que vous perdiez une partie importante de votre investissement. C’est le risque d’entreprise. C’est ici qu’on peut se protéger avec de la diversification.
  4. Il n’y a pas qu’en entreprise que vous courriez des risques. Même avec des comptes de banque ou des CPG, vous courrez des risques. Vous avez raison. La SADC ou, au Québec, l’AMF assure les dépôts… jusqu’à 100000$ par compte et par institution. Si vous avez vraiment beaucoup d’argent, vous devriez arriver au bout de cette protection et subir des pertes en cas de faillite de l’institution.
  5. Le risque de crédit peut aussi s’appliquer aux institutions lorsque vous prenez un CPG rachetable et que vous décidez de racheter avant l’échéance. Non, vous ne perdez pas le capital, mais vous perdez une partie des intérêts. Le risque de crédit s’applique aussi aux obligations. Le capital n’est-il pas garanti? Oui, à condition que l’état, l’institution ou l’entreprise qui l’a émise ne soit pas en défaut de crédit, soit qu’il ne soit pas capable de payer les intérêts ou, pire, le capital. Vous vous rappelez peut-être de la crise de 2008 ou les PIIGS (Portugal… Grèce…) ne parvenaient à emprunter qu’en promettant des taux élevés à cause de cette crainte de défaut. Certains pays, comme l’Argentine, ont même carrément fait faillite. Ça arrive aussi aux entreprises.
  6. Tandis qu’on est dans les obligations, abordons le risque de taux. Pendant longtemps, les obligations ont été très payantes. Premièrement, les taux ont atteint et dépassé 20% dans les années 70 et 80. Par la suite, quand les taux ont baissé, les vieilles obligations, avec des taux plus élevés que les nouvelles, valaient cher. 100000$ à 5% rapportent plus que 100000$ à 4%. C’est 1000$ par an et si l’obligation a une duration de 20 ans, c’est 20000$, plus ou moins. Si vous la voulez, vous devrez me donner cette différence (acheter à prime). La baisse des taux semble terminée et c’est l’inverse qui risque de se produire avec, comme conséquence, que si je veux vous la vendre, je devrai vous payer cette différence (vendre à escompte).
  7. Pour les obligations, les actions et tous biens échangés entre pays, il y a aussi le risque de change. Ainsi, certaines années, dans mes investissements américains par exemple, je ferai plus d’argent en devise canadienne ou moins, selon l’évolution des dollars respectifs. Certains vont magasiner outre-frontière et les produits (indifféremment des différences entre les prix canadiens et américains) reviennent moins cher si notre dollar vaut plus, par exemple.
  8. Un autre risque méconnu de plusieurs est le risque de liquidité. Pour les immeubles, commerciaux et même résidentiels, et pour les entreprises non cotées en bourse ou même cotées, la possibilité d’avoir la capacité de vendre facilement ou difficilement va influencer le prix. L’exemple le plus récent : Bombardier. Dans le conflit avec Boeing et le gouvernement américain, l’avenir apparaissait comme potentiellement sombre. Un seul acheteur : Airbus. Quel prix a-t-elle payé pour une position de contrôle? 0$. À l’inverse, on annonce dans des municipalités des projets de transport en commun. Tout autour, la valeur des propriétés grimpe parce que plusieurs seront prêts à renchérir. Autre exemple : annoncez la fermeture d’une mine et les entreprises et les maisons du secteur vont voir leur valeur chuter.
  9. Investir à l’étranger peut comporter des risques (on fait même peur à notre monde avec les méchants séparatisssses). Un des risques est le risque politique. On craint alors les risques de confiscation ou de nationalisation (comme sous les libéraux de Godbout et Lesage) ou des troubles violents comme en Afrique et ailleurs ou du vol ou du piratage, par exemple.
  10. Un risque négligé depuis longtemps, c’est le risque d’inflation. Cette dernière étant peu présente depuis longtemps, on l’oublie un peu, surtout si nos revenus augmentent. La moyenne des augmentations annuelles depuis vingt ans tourne autour de 1,9%, un peu moins de 2% donc. Si on néglige l’effet de l’inflation, qui devrait finir par augmenter plus rapidement, on se retrouve avec un pouvoir d’achat qui diminue. On est comme la grenouille plongée dans l’eau qu’on réchauffe graduellement.
  11. Le dernier risque dont je vous parlerai, c’est le risque de survie. Lié à la retraite, il représente la possibilité, si vous n’avez pas accumulé suffisamment, d’épuiser vos économies et de n’avoir plus rien (sauf l’aide de l’état) pour vivre.

 

Voici un tableau qui illustre les effets de l’inflation.

 

Vous ne voulez pas que ça vous arrive, bien sûr, mais plusieurs font tout pour. Voici quelques comportements nuisibles.

  • Ne pas épargner suffisamment (dépenser trop sans nécessité http://lebloguefinancier.com/endettement-regler-en-5-etapes/).
  • Sous-évaluer vos connaissances
  • Accorder trop d’importance aux craintes de pertes et pas assez aux possibilités de gains à long terme (le dernier krach remonte à 10 ans et, avant cela, à 1929)
  • Sous-estimer vos capacités à assumer du risque.

Yannick Chagnon, de la Financière Banque Nationale, nous avait donné une citation, en anglais, qui disait à peu près: « À ne vouloir prendre aucun risque, on prend un risque bien plus grand encore. »

Contactez-moi pour en discuter.

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