LES FEMMES ET LES FINANCES

 Dans Épargne, Placements

LES FEMMES ET LES FINANCES

Vous permettrez, même en cette journée internationale des femmes (2015), d’avoir l’air un peu condescendant. Dimanche dernier, à Tout le monde en parle, l’oncle Jacques Villeneuve, en réponse à une question de Guy A., disait que les hommes conduisent plus vite et les femmes, plus prudemment.

Je dirais qu’en finance c’est un peu pareil. C’est ce que je constate. C’est ce que plusieurs collègues constatent. Et les études le confirment. Généralement, les femmes sont plus prudentes alors que les hommes prennent plus de risques. Si on y va pour une analogie de baseball, le gars y va toujours pour le coup de circuit alors que la fille préfère frapper des coups sûrs plutôt que de risquer le retrait sur trois prises ou le grand ballon qui sera attrapé par le voltigeur.

Malheureusement, si vous êtes trop prudentes, ne voulant pas prendre de risques, vous prenez tout de même des risques. Lesquels?

  1. Le premier risque et le plus immédiat est celui de ne pas pouvoir atteindre vos objectifs à moyen terme parce que, votre épargne ne croissant pas suffisamment rapidement, vous n’atteignez pas votre cible assez vite. Vous devrez alors compenser
    1. soit en consacrant de plus grosses sommes à votre projet, (et comme votre revenu moyen est inférieur à celui des hommes, ce sera d’autant plus difficile);
    2. soit en le reportant à une date ultérieure (et comme votre travail domestique est plus important que celui des hommes, vous êtes plus affectées au niveau santé, généralement, même si votre longévité est plus grande).
  2. Votre dernier risque, le risque ultime, c’est celui de n’avoir pas assez accumulé pour votre retraite. Les conséquences auxquelles vous serez confrontées sont une ou plusieurs des suivantes.
    1. Vous devrez attendre une ou plusieurs années avant de prendre votre retraite, au-delà de l’âge que vous souhaitiez, peu importe la condition physique qui sera la vôtre.
    2. Vous devrez réduire vos dépenses, handicapant le genre de retraite que vous aviez imaginé. S’il s’agit d’activités agréables, mais non essentielles, tant mieux (ou tant pis). Mais s’il s’agit de couper sur le logement, l’épicerie, le chauffage ou autres nécessités de la vie, alors là, ça va mal.
    3. Pire encore, si vous n’en avez pas suffisamment, vous devrez vous résoudre à ne compter que sur la pension de vieillesse (PSV) et le supplément de revenu garanti (SRG) et la rente de la Régie des rentes du Québec (RRQ). On appelle ça « survivre à son épargne ». Ce n’est pas un film dans lequel vous avez envie de jouer.

Heureusement, vous pouvez éviter cela, même si c’est votre tendance. Il ne s’agit pas de faire de vous une téméraire, mais de ne plus être timorée, si c’est le cas. Comment?

Si votre instinct vous porte là, c’est probablement parce que vous avez connu une expérience malheureuse, faillite due à une prise de risque excessive, par exemple, ou parce que vos connaissances ne vous mettent pas en confiance pour accepter un risque plus grand. Vous avez donc besoin de quelqu’un pour vous guider dans votre apprentissage, d’un-e mentor. L’idéal, c’est que cela se fasse tôt, dans la famille, si la mère ou le père en sont capables http://lebloguefinancier.com/leducationde-vos-enfants-a-lepargne/ et http://lebloguefinancier.com/leducation-financiere/. Sinon, le rôle d’un bon conseiller financier, c’est précisément cela.

Et aujourd’hui, il n’est même pas nécessaire de risquer du vrai argent, on peut faire des expériences virtuelles. On n’est même pas obligé d’attendre pour voir le résultat. On peut se constituer une série de portefeuilles, du risque dit nul (comptes bancaires ou CPG) à un risque dit très élevé (n’avoir que des actions). On peut même augmenter ce dit risque avec des actions étrangères (risque de change), de petites entreprises (risque plus grand de faillite), dans un seul secteur ou, pire, les actions d’une seule entreprise (manque de diversification). On peut alors regarder ce qui s’est passé sur 3, 5 ou 10 ans, par exemple, instantanément puisque les statistiques sont là.

Ou, pour exposer notre investisseuse à un risque réel, on peut faire comme j’ai fait avec une de mes clientes. Après avoir encaissé le REÉÉ que sa mère avait pris pour elle, elle se retrouvait avec environ 11000$. Elle voulait le déposer dans son compte à la caisse. Je lui ai plutôt proposé le compte Avantage Manuvie, qui rapportait alors 1,45%, pour 10000$ et 1000$ dans un fonds commun équilibré. Je lui en ai proposé quelques-uns. Elle a choisi le fonds Revenu mensuel élevé de Manuvie qui comportait environ 70% d’actions, se disant que tant qu’à vivre une expérience de risque autant en prendre un plus élevé. Je lui avais expliqué que si on revivait 2008 où les actions avaient chuté beaucoup, son fonds pourrait descendre de 1000$ à 600$, disons. Je lui ai demandé si une perte de 400$ serait tragique ou si elle pouvait vivre avec ça. Elle m’a dit que oui elle pouvait se permettre de perdre 400$. L’achat s’est fait le 16 mai dernier. Où en est-elle aujourd’hui, près de 9 mois plus tard? Les 1000$ investis dans un CÉLI en valent maintenant 1147,09$, un rendement intéressant. Sur un an au 31 janvier, ce fonds a fait 18,2% contre 12,5% pour la moyenne des fonds équilibrés, 10,3% pour le TSX et 1,7% pour les CPG de 5 ans. Sur 5 ans, les chiffres sont de 10,4%, 8,8%, 8,8% et 1,8%.

La deuxième chose qui devrait être faite, c’est de planifier votre avenir. Quels sont vos projets à court, moyen et long terme? Dans combien de temps voulez-vous les réaliser? De combien d’argent aurez-vous besoin? Quel argent pouvez-vous y consacrer chaque mois? Aurez-vous besoin de revoir le budget de votre projet ou votre budget tout court? Vous avez besoin d’être précises. Tout ça se calcule. Vous disposez de calculatrices financières sur le site de votre institution financière préférée ou vous en parlez à votre conseiller préféré qui se fera un plaisir de vous assister.

Il faut aussi connaître la règle de 72. Il s’agit d’une règle d’approximation. Si vous placez de l’argent, le temps requis pour doubler votre montant est égal à 72 divisé par le taux de rendement. Par exemple, vous placez 1000$ dans un CPG à 2%; vous aurez 2000$ dans 36 ans (72 / 2). Vous placez dans un fonds équilibré très prudent qui vous rapporte 4% : 18 ans. À 6% : 12 ans; à 8% : 9 ans; à 12% : 6 ans. Évidemment, plus le dit risque est élevé, en principe, plus on s’attend à un rendement élevé. Plus on doit s’attendre aussi à une volatilité élevée.

Donc, la réalisation de vos projets, comme de votre retraite passent par un calcul préalable. Ce sera votre plan.

Pour un bon programme financier, contactez-moi.

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