PENSER SA RETRAITE…partie 2 (suite)

 Dans Assurances, Consommation, Épargne, Placements, Régimes enregistrés

PENSER SA RETRAITE…

AVANT (BIEN AVANT), PENDANT… ET PEUT-ÊTRE MÊME APRÈS partie 2 (suite)

Nous avons regardé, dernièrement, le avant, bien avant,  et nous avons retenu trois éléments importants: le temps, le rendement et le taux d’épargne. Nous allons les revoir et en ajouter d’autres pour répondre à la question: de combien d’argent ais-je besoin pour ma retraite? Est-ce la question à un million de dollars ou la réponse est-elle 1000000$?

1- À quoi ressemble votre budget actuel? Précisément? Vous ne le savez pas? Contactez-moi et nous le calculerons. Ne soyez pas surpris si vous n’y arrivez pas du premier coup. Vous connaissez relativement bien vos revenus. Mais, vos dépenses? Vous verrez qu’il y a beaucoup d’argent qui disparaît sans que vous sachiez où. Vous aurez peut-être même besoin de faire l’exercice à quelques reprises pour y arriver. Tout ce qui passe par les cartes de crédit, les chèques, les débits préautorisés est facilement trouvable dans vos relevés. Pour le reste, vous aurez peut-être besoin de vous munir d’un petit carnet et de tout noter, probablement ce qui est payé comptant ou par carte de débit.

Quand vous connaîtrez toutes vos dépenses, vous pourrez commencer à vous interroger sur ce qu’elles deviendront à la retraite. Diminueront-elles et, si oui, qu’allez-vous éliminer ou diminuer et de combien? Resteront-elles telles quelles? Augmenteront-elles? Est-ce que ce sera pour des voyages? Est-ce que ce sera pour des soins de santé (médicaments, équipement, soins)? Ou avez-vous de l’assurance (de soins de longue durée, maladies graves, etc.) pour régler ça (n’attendez pas, contactez-moi)? Aurez-vous encore des dettes? Combien devrez-vous y consacrer chaque mois?

2- Vous avez maintenant une bonne idée de vos dépenses à la retraite. Il faut maintenant établir dans combien de temps vous vous retirerez. Le nombre d’années avant la retraite est crucial. C’est pour ça qu’il se trouve dans le titre. Plus il y en a, plus vous avez de la marge de manœuvre.

3- Que diriez-vous d’établir le nombre d’années à la retraite? Vous ne pouvez le dire ni moi non plus. Mais compte tenu de l’âge que vous aurez quand vous prendrez votre retraite, nous pouvons faire des calculs. Le plus simple est de regarder l’espérance de vie. En 2014, l’Institut de la statistique du Québec prévoit, si vous prenez votre retraite à 65 ans, que l’espérance de vie, pour une femme, est de  22,1 ans et, pour un homme, de 19,2 ans.  http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/deces-mortalite/4p1.htm. Partons de là. Cela veut dire que 50% des gens mourront avant cet âge et 50% au-delà. Voulez-vous ne prévoir que comme si vous mourriez dans le premier 50%? Probablement que non et vous seriez dans la situation qu’on appelle « survivre à ses épargnes ».

Allons donc voir plus en détail avec les tables de mortalité abrégées. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/deces-mortalite/307.htm. En 2013, la probabilité de survie, à divers âges, de ceux qui sont nés est

À Femmes Hommes
ans
65 91,5% 87,7%
70 87,4% 81,6%
75 81,1% 72,4%
80 71,5% 59,3%
85 56,8% 41,9%
90 37,2% 22,9%
95 17,1% 8,1%
100 4,6% 1,5%

Alors, voulez-vous revoir la longévité de votre capital-retraite?

4- Vous savez que vivre à la retraite, dans X années, va vous demander plus d’argent à cause de l’inflation. Quel sera le taux d’inflation quand vous serez à la retraite? Quand vous regardez un graphique historique, vous voyez qu’on peut trouver de grands écarts.

Graphique – inflation IPC historique en Canada (base annuelle) – durée complète

Graphique - inflation IPC historique en Canada - évolution de l'inflation sur le long terme

http://fr.inflation.eu/taux-de-inflation/canada/inflation-historique/ipc-inflation-canada.aspx#sthash.XRyX4sHC.dpuf

Avec une inflation constante à 2%, comme c’est le cas actuellement, après 5 ans vous pouvez acheter encore plus de 90% de ce que vous achetiez au départ. Vous pourriez être surpris si vous avez quelques années à 10%, par exemple, les années 2, 3 et 4. Votre pouvoir d’achat tombe à peine au-dessus de 70%. Et pour tomber de moitié, il ne vous faudra que 22 ans, si l’inflation revient à 2% contre 35 ans si l’inflation demeure stable à 2% tout le temps.

5- Qui rognera une autre partie de vos revenus? Les gouvernements prendront une partie de vos revenus et de votre argent à travers les impôts, taxes, droits et permis de toutes sortes. Pour tout ce qui est des droits, permis et taxes à la consommation, vous n’avez pas le choix de les payer si vous consommez; mais, vous avez le droit de ne pas consommer ou de consommer moins et moins luxueux. Vous réduisez ainsi votre facture envers l’état et votre facture de consommation, ce qui vous donne une marge de manœuvre budgétaire.

Pour ce qui est de vos taxes foncières (taxes municipales et taxes scolaires), si vous êtes à loyer ou dans une résidence, vous les payez indirectement. Si vous possédez un immeuble, vous devez les acquitter. Encore là, si vous choisissez de posséder ce bien, c’est à vous de voir si le bénéfice (monétaire ou de satisfaction) que vous en tirez vaut le coût à payer.

L’impôt sur le revenu est à payer sur vos revenus. Mais pas sur tous vos revenus. C’est pourquoi, dans votre rapport d’impôt, on distingue le revenu total du revenu imposable. Les revenus d’intérêt sont imposables en totalité, sauf ceux de votre CÉLI, de votre REÉR, FERR, CRI et autres régimes semblables. Le revenu de travail est aussi imposable en totalité, sauf les déductions accordées ou les dépenses admissibles dans certains cas. Les revenus d’immeubles ou d’entreprises donnent aussi droit à des déductions.

Certains revenus vous valent un traitement favorable. C’est le cas du gain en capital qui est la plus-value que vous encaissez à la vente d’un bien : immeuble, actions, collection, etc. C’est aussi le cas de certains dividendes versés par les entreprises.

Vos contributions à des REÉR, CRI ou fonds de pension vous ont donné droit à des réductions de votre revenu imposable. Inversement, quand vous en recevez des paiements ou effectuez des retraits, ils s’ajoutent à votre revenu imposable. Le CÉLI qui ne vous a pas donné droit à une déduction voit ses gains exemptés en totalité.

Finalement, certains placements non enregistrés, particulièrement dans les fonds communs, sont structurés pour réduire l’impôt. Ainsi, les fonds structurés en société donnent des avantages dont celui de pouvoir changer de fonds sans déclencher de gain en capital et celui de voir tous ses gains considérés comme des gains en capital. Également, les fonds de série S ou T, versent au propriétaire d’abord le capital investi, sans imposition donc, avant de lui remettre les gains qui seront imposés selon leur type. Le fait de reporter l’imposition confère un avantage certain.

6- Certains revenus sont déjà prévus et, d’autres, à prévoir. Parmi les premiers, on compte la pension de sécurité de vieillesse (PSV) du gouvernement fédéral. Depuis très longtemps, cette pension est versée à partir de 65 ans, mais à compter de 2023, l’âge augmentera graduellement jusqu’à 67 ans. Ce montant est actuellement de 563,74$ par mois, sujet à récupération partielle ou totale selon votre revenu. Si votre revenu est considéré faible, vous pouvez avoir droit au supplément de revenu garanti (SRG). Les calculs peuvent se faire au http://www.servicecanada.gc.ca/fra/services/pensions/sv/paiements/index.shtml.

Du côté du Québec, il y a la rente de la Régie des rentes du Québec (RRQ). Contrairement à la PSV que tous peuvent recevoir, la rente n’est disponible que pour ceux qui ont contribué (conjointement avec leur employeur ou seuls comme travailleurs autonomes). Plusieurs conditions s’appliquent. http://www.rrq.gouv.qc.ca/fr/retraite/rrq/calcul_rente/Pages/calcul_rente.aspx

Si vous participez à un fonds de pension (régime de pension agréé ou RPA) à prestations déterminées, vous pouvez savoir, auprès de l’administrateur du régime ou de votre syndicat à combien vous aurez droit. Le calcul est ordinairement équivalent à votre revenu moyen des 5 meilleures ou dernières années, multiplié par le nombre d’années que vous avez cotisé et multiplié par un pourcentage (2%, par exemple). Ce montant-là peut être indexé ou non,  et, si oui, totalement ou partiellement.

Dans le cas d’autres régimes, individuels ou collectifs, le montant que vous recevrez est soumis aux rendements du marché, en fonction des choix que vous ou un administrateur aurez faits. Il se peut aussi que les montants que vous pourrez avoir annuellement soient plafonnés, c’est le cas du  compte de retraite immobilisé (CRI) transformé en fonds de revenu viager (FRV), sauf exceptions. Les autres régimes comprennent des fonds de pension à cotisations déterminées, les tout nouveaux régimes volontaires d’épargne retraite (RVER), des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REÉR),  des régimes de participation différée aux bénéfices (RPDB).

Vous pouvez aussi tirer des revenus de vos épargnes, placements, immeubles locatifs ou entreprises. Vous pouvez les vendre ou en retirer des montants, que ce soit des comptes bancaires, des certificats de placement garanti (CPG), d’obligations ou d’actions, non enregistrés ou dans des comptes d’épargne libres d’impôt (CÉLI). Là aussi, vous êtes soumis aux rendements du marché.

7- Pour avoir droit à plus de revenus et de sommes dans lesquelles piger, vous devrez avoir épargné. Un raisonnement simple vous dit que plus vous aurez épargné, plus les montants seront importants dans les deux cas. Il est donc question ici de votre taux d’épargne. Les participations à la RRQ et aux RPA sont obligatoires. Le reste, c’est à vous de l’établir. Plus il sera bas, moins vous aurez d’argent accumulé, particulièrement si vous commencez tard. Voudrez-vous avoir un coussin de sécurité, une marge de manœuvre en cas de pépin?

Vous voulez un exemple? Demandez aux retraités du monde municipal. Le gouvernement leur impose de participer à 50% au comblement des déficits passés et à venir de leurs caisses de retraite. Pourtant, c’était bien clair. Dans un régime à prestations déterminées, c’est à l’employeur de le faire. De plus, contrairement aux employés qui ont subi des retraits à la source pour leur fonds de pension, plusieurs municipalités n’ont pas versé leur quote-part pendant quelques années.

Toutes sortes d’autres événements peuvent se produire, des récessions prolongées, par exemple, qui pourraient affecter les rendements, des guerres, des épidémies (c’est bien dans l’air du temps). Tout cela mettrait à mal les finances publiques et les vôtres. Et si les finances publiques sont en mauvais état, vous pourriez en subir les conséquences une deuxième fois.

8- Un dernier élément à considérer : le rendement. Mais le rendement ne vient jamais seul. Il est toujours accompagné du risque. Le risque est une notion complexe ou, pourrait-on dire, il y a plusieurs risques (nous y reviendrons dans un autre billet). Nous en verrons deux.

Le premier est le risque de perdre son argent. Vous mettez votre argent dans votre matelas et la maison brûle. Avant l’assurance dépôt, votre institution financière faisait faillite, vous perdiez. Vous investissez dans une entreprise et elle ferme ses portes ou subit des pertes. Vous achetez une maison pleine de défauts et vous la réparez ou pas, vous risquez de perdre de l’argent. Ça, c’est la perte directe.

Il y a aussi une perte indirecte. L’argent que vous épargnez, c’est de l’argent que vous pourriez consacrer à acheter des biens, c’est un pouvoir d’achat inutilisé. Si l’argent que vous décidez d’utiliser après un certain temps vous permet d’acheter moins de biens, vous avez subi une perte de pouvoir d’achat, ce qui équivaut à une perte d’argent. Pourquoi cette perte? Deux causes principales. Au point 4, nous avons parlé de l’inflation. L’inflation peut jouer de vilains tours si elle s’emballe. Vous n’avez qu’à voir votre facture d’épicerie depuis un temps. Et au point 5, nous avons parlé de l’impôt. Avant même l’inflation, votre revenu d’épargne ou placement sera grugé par l’impôt. Et, dans une certaine mesure, le gouvernement récompense ceux qui prennent des risques avec leur argent : les placements les plus sécuritaires (comptes bancaires, CPG, obligations gouvernementales) sont ceux dont le revenu est le plus imposé.

Pour diminuer le risque, on utilise la diversification (nous y reviendrons aussi). Simplement, la diversification est l’utilisation de plusieurs types d’épargne et de placements. Comme dans toute bonne recette, la liste des ingrédients ne doit pas venir seule, mais accompagnée des quantités. Quelles quantités? Cela dépend de chacun, de sa tolérance au risque (on entend beaucoup plus parler de la tolérance au risque que de la capacité à prendre des risques; on y reviendra), de ses besoins à la retraite, du temps dont il dispose, de ses épargnes accumulées et de sa capacité à épargner. Je vous mets ci-dessous un tableau fortement inspiré d’un document de Fonds Dynamique. Il donne, en particulier, les rendements attendus des diverses classes d’actif et les écarts-types prévisibles, en moyenne. Il n’y a rien pour les actifs réels car, selon le type, le rendement peut varier et les écarts aussi.

Types d’actifs Protection contre la déflation, la désinflation ou les aléas financiers Protection contre l’inflation Préservation du capital Protection du pouvoir d’achat Rendement attendu Écart-type prévu
Liquidités Taux d’inflation (IPC) Faible
Obligations IPC + 2% 8% à 9%
Actions IPC + 6% 20% ou +
Actifs réels1

Donc, avec autant de variables, il est préférable de faire affaires avec un conseiller expérimenté qui saura vous poser les bonnes questions, trouver les bons outils, mettre le tout en place et assurer le suivi nécessaire. Vous pouvez me joindre et il me fera plaisir de vous assister.

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