UN CPG À LA RETRAITE : POURQUOI?

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UN  CPG À LA RETRAITE : POURQUOI?

Il me semble bien avoir lu récemment que plus de 50% de l’actif financier des Canadiens est dans les CPG (certificats de placement garanti, CIG, dépôts à terme) et dans les comptes bancaires. Ça m’a fait mal. Oui, ça m’a fait mal de penser qu’autant d’argent rapporte si peu à ses propriétaires (et tellement aux banques et caisses populaires). Si peu, c’est,

  1. pour des CPG non encaissables avant l’échéance, 1,4% pour 1 an, 2,1% pour 5 ans et 2,2% pour 10 ans et,
  2. pour des CPG encaissables mais détenus jusqu’à la fin, que les meilleurs taux sont de 0,95% pour 1 an, 1,7% pour 5 ans et 2,05% pour 10 ans. Et si vous encaissez avant l’échéance, ces taux sont réduits.
  3. Quant aux comptes bancaires, ils n’offrent rien ou presque; le meilleur pour tous est le compte Avantage de Manuvie à 1,25% (vous me contactez) sauf le Tangerine FERR à 1,5%.

Les comptes bancaires et les CPG ont-ils leur place dans un portefeuille? Bien oui.

  1. Le compte de banque sert à recevoir les liquidités courantes, l’argent dont on aura besoin pour les dépenses courantes ou l’argent en attente d’être placé ailleurs. Le compte chèque …
  2. Les CPG servent à garantir le capital d’une somme dont on aura besoin dans un avenir de moyen ou long terme. Oui, on peut aussi prendre des CPG de 30 jours à un an. C’est une meilleure idée que de laisser son argent dans un compte bancaire régulier ou même haut rendement (5000$ minimum) : 0,05% pour 30 à 89 jours vs 0,4% pour le CPG chez Desjardins.

Pourquoi autant d’argent dans des véhicules si peu performants?

  1. Il faut se rappeler d’où on vient. Il y a moins de 100 ans, presque tout le monde vivait en campagne sans grande richesse. On hésite à placer son argent à la banque. Desjardins fonde sa première caisse en 1900. Les gens commencent alors à se familiariser avec les institutions financières. Mais on s’en méfie encore beaucoup et plus encore de la Bourse et des actions.
  2. Puis en 1929, c’est le crash boursier suivi de la grande Dépression. Ça n’aide pas à croire aux actions ni aux fonds mutuels dont plusieurs font faillite. Mais on oublie que c’est aussi le cas de banques ici et à l’étranger. La crainte n’est pas près de diminuer.
  3. La guerre va permettre à plus de gens de travailler en ville ce qui amène le développement urbain. Le gouvernement se finance avec les Bons de la Victoire, ancêtres des Obligations d’épargne du Canada, qui sont lancés avec force publicité et des taux d’intérêt jusqu’à 5,5% (1919). Les taux vont se montrer attrayants, ce qui va normalement entraîner ceux des autres véhicules puisque le gouvernement garantit des taux intéressants. Les CPG, qu’on appelait plutôt dépôts à terme, étaient garantis par les institutions. Dans les années 1960, on verra apparaître des garanties gouvernementales avec la RADQ (Régie de l’Assurance dépôt du Québec) et la SADC. Taux et protection vont aider à en faire des moyens privilégiés d’épargne.
  4. Les gens en ville sont souvent locataires, mais la propriété se développe et beaucoup de gens épargnent peu sinon par le biais de leur résidence. L’hypothèque est une épargne forcée.
  5. Vous connaissez l’histoire de la grenouille. On la dépose dans de l’eau fraîche dans une marmite. On allume le feu, la grenouille aime ça, c’est agréable; elle se détend. Puis ça devient graduellement chaud, trop chaud. La grenouille n’a plus la force de sauter hors de la marmite et meurt cuite. C’est l’histoire de l’évolution des taux, ici, des obligations de 5 ans du gouvernement canadien (pas les OÉC) pour fin de comparaison avec les CPG. En 1951, elles sont à 2,51%, en 1966 à 5,24%, en 1970 à 8,23%, en 1975 à 6,40%, en 1982 à 16,17% (hummm, c’est très bon ça) mais l’an passé à 1,57% (cuit). En finance comportementale, on appelle ça l’incapacité à se débarrasser des placements perdants. Ajoutons-y l’aversion aux pertes qui fait qu’une perte fait deux fois plus mal qu’un gain équivalent fait du bien.

Oui, mais on ne court pas de risques et l’inflation est basse, sous les 2% en moyenne depuis un bon bout de temps, dit-on. C’est vrai qu’il y a peu d’indices qui permettent de croire à une hausse importante à court ou moyen terme.

Mais c’est faux de croire qu’on ne court pas de risque. On ne court pas de risque de perdre son capital, surtout si on en a peu, puisque les garanties gouvernementales sont de 100000$ par personne et par institution, avec des bémols. Mais on encourt d’autres risques. Il est bien connu qu’une bonne façon de réduire le risque est la diversification. Quand tout se retrouve dans des comptes bancaires et dans des CPG, il y a zéro diversification. Quels sont les risques?

  1. Risque de liquidité: des CPG non rachetables avec des échéances de 5 ou 10 ans peuvent nous mettre dans le trouble. À la limite, on peut échelonner ses CPG, mais si on dispose de peu d’argent, c’est plus difficile et les taux offerts seront bas.
  2. Risque de longévité: « Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir » chantait Petula Clark; aller au ciel, c’est, pour bien des gens, la retraite à 55 ou 60 ans. Plus vous prendrez votre retraite tôt, moins vous aurez accumulé et plus longtemps vous devrez vivre avec ça. C’est un peu comme un saucisson. Moins vous aurez mis de viande ($) dedans ou plus le rendement aura été faible, moins il sera gros. Plus vous vivrez longtemps, plus vous devrez trancher mince pour en avoir jusqu’à la fin. Est-ce le genre de retraite dont vous rêvez? Pour connaître votre probabilité de décès, qx, et votre espérance de vie, ex, voir le tableau http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/deces-mortalite/307.htm.
  3. Risque fiscal : Si votre argent est dans un REÉR ou un CÉLI, que ce soit un CPG ou autre chose, peu importe; tout sera pleinement imposé en sortant du REÉR et pas du tout pour le CÉLI. Si, par contre, votre épargne est dans un compte ouvert, les CPG rapportent des intérêts. Vous devez les inclure à 100% dans votre revenu imposable contre 50% pour du gain en capital, par exemple. Donc, à la limite, votre revenu de placement net peut être jusqu’à 2 fois plus petit. La tranche de saucisson s’amincit. Et si vous êtes porté à vouloir trancher plus épais (taux de retrait plus élevé) parce que vous avez faim. Votre saucisson n’est pas infini et ça nous ramène au risque précédent. Vous risquez de manquer d’argent avant de mourir. Vous devrez compter sur les programmes sociaux, RRQ si vous avez contribué, PSV avec ou sans supplément de revenu garanti (SRG).

Avons-nous des solutions? Il y a quelques semaines, je parlais, aux irréductibles des CPG, d’un CPG boursier meilleur que les autres et qui peut même généralement vous donner un rendement positif, même si vous viviez un rendement boursier négatif. (Contactez-moi)

Je vous reviens bientôt avec une autre solution pour ceux qui sont déjà rendus à la retraite ou 5 ans avant. Il s’agit du G5│20 de la compagnie CI, dont j’ai déjà parlé, et de son petit frère, nouveau et amélioré, le G5│20i. On reviendra aussi sur les stratégies à adopter pour en profiter au maximum.

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